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Déchaussement des dents : pourquoi ça arrive et comment le traiter

Plaques dentaires
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Rédigé par le docteur Jean-Baptiste Varea

Expert en dentisterie esthétique et réhabilitation complexe, le Dr Jean-Baptiste Varea cultive l’excellence entre expertise genevoise et prestige parisien. Fondateur d'Opal Dental Studio, il fusionne haute technologie et art pour sublimer chaque sourire avec une précision micro-invasive. Une vision 360° dédiée à la santé durable et à l'esthétique sur mesure.

Le déchaussement des dents est une inquiétude fréquente : on a l’impression que la dent « sort » davantage, que la gencive recule, ou que la dent devient mobile. Ce phénomène n’est pas seulement esthétique : il peut traduire une fragilisation progressive des tissus qui maintiennent la dent en place (gencive, ligament, os).

Dans la majorité des cas, une inflammation chronique liée à la plaque dentaire est en cause. La bonne nouvelle est qu’il existe des prises en charge efficaces pour stabiliser la situation, réduire l’inflammation et limiter la progression. En revanche, on ne “récupère” pas toujours spontanément ce qui a été perdu : d’où l’intérêt de consulter tôt.

Déchaussement des dents : de quoi s’agit-il exactement ?

Le terme « déchaussement des dents » décrit le plus souvent une perte de soutien autour de la dent. Cela peut correspondre à deux réalités parfois associées :

  • Une récession gingivale : la gencive se déplace vers la racine, exposant une partie de celle-ci.
  • Une perte osseuse et parodontale (parodontite) : l’os qui entoure la racine diminue et des « poches » peuvent se former autour des dents.

On parle de maladies parodontales lorsqu’il existe une atteinte du parodonte (l’ensemble des tissus de soutien). La gingivite est une inflammation superficielle, généralement réversible si elle est traitée. La parodontite, elle, peut entraîner une destruction progressive de l’os et du ligament autour de la dent : c’est une cause majeure de dent qui se déchausse.

Pourquoi une dent se déchausse : causes et mécanismes

Le déchaussement n’a pas une seule cause. Souvent, plusieurs facteurs s’additionnent : un terrain inflammatoire, des habitudes d’hygiène, des contraintes mécaniques et parfois des fragilités individuelles.

La parodontite (cause la plus fréquente)

La parodontite est liée à un déséquilibre bactérien dans la plaque dentaire. L’inflammation devient chronique, les tissus se dégradent et des poches parodontales se créent. Plus la poche est profonde, plus il est difficile de nettoyer au quotidien : l’inflammation s’auto-entretient.

Conséquences possibles : saignement, mauvaise haleine, récession, mobilité dentaire, migrations dentaires (dents qui s’écartent), puis perte dentaire en l’absence de prise en charge.

Le tartre sous-gingival et l’inflammation chronique

Le tartre est une plaque minéralisée qui adhère fortement à la dent. Lorsqu’il se situe sous la gencive, il agit comme un réservoir favorisant la persistance de l’inflammation.

Même avec un brossage régulier, le tartre sous-gingival n’est pas éliminable à la maison : il nécessite un soin professionnel (détartrage, puis parfois surfaçage radiculaire selon le contexte).

Le brossage traumatique et la récession gingivale

Une récession peut survenir sans parodontite avancée, notamment en cas de :

  • brossage trop appuyé (surtout avec brosse dure),
  • technique horizontale agressive,
  • abrasifs (dentifrices très « blanchissants » utilisés de façon prolongée),
  • frein de lèvre ou de langue tirant sur la gencive, selon l’anatomie.

Dans ces situations, la dent peut paraître plus longue, avec une sensibilité au froid, alors que l’os est parfois relativement préservé.

Le tabac, le diabète et certains facteurs de risque

Certains facteurs augmentent le risque et/ou la sévérité de l’atteinte parodontale :

  • Tabac : favorise la progression et peut masquer les saignements (gencive qui saigne moins mais maladie active).
  • Diabète : l’équilibre glycémique influence l’inflammation et la cicatrisation.
  • Stress, certains médicaments (ex. entraînant sécheresse buccale), variations hormonales, susceptibilité individuelle.

Un point important : la présence de facteurs de risque ne signifie pas fatalité, mais elle justifie une surveillance plus structurée.

Signes et symptômes : comment reconnaître un déchaussement ?

Le déchaussement est parfois silencieux au début. Beaucoup de personnes consultent quand la gencive a déjà reculé, ou lorsqu’une mobilité apparaît.

Signes précoces

  • Saignement au brossage ou au fil interdentaire
  • Gencives rouges, gonflées, douloureuses au toucher
  • Mauvaise haleine persistante
  • Sensation de gencives « irritées »

Ces signes peuvent correspondre à une gingivite ou au début d’une parodontite.

Signes évocateurs d’une parodontite évoluée

  • Dent qui se déchausse visiblement (dents plus longues)
  • Espaces qui se créent entre les dents (triangles noirs)
  • Mobilité dentaire
  • Dents qui se déplacent, occlusion qui change
  • Abcès parodontal (gonflement localisé, douleur, parfois écoulement)

Comment le diagnostic est posé au cabinet

Le diagnostic repose sur un examen parodontal complet, comprenant en général :

  • examen clinique des gencives,
  • sondage parodontal (mesure des poches autour des dents),
  • évaluation des saignements,
  • radiographies pour apprécier le niveau osseux,
  • appréciation des facteurs locaux (tartre, points de contact, restaurations débordantes, etc.).

Le but est de distinguer : récession isolée, gingivite, parodontite localisée ou généralisée, et d’évaluer l’activité/inflammation.

Traitements : comment traiter le déchaussement des dents ?

Le traitement dépend de la cause (récession mécanique, parodontite, combinaison). L’objectif prioritaire est de contrôler l’inflammation et de stabiliser les tissus. Certaines situations permettent ensuite d’envisager des gestes de recouvrement ou de reconstruction.

Pour approfondir le sujet du nettoyage en profondeur, vous pouvez aussi lire : Curetage sous-gingival : méthodes, tarifs et prise en charge.

Assainissement parodontal non chirurgical (détartrage et surfaçage)

La première étape, dans la majorité des parodontites, est un traitement mécanique :

  • détartrage (au-dessus et au bord de la gencive),
  • surfaçage radiculaire / débridement sous-gingival (nettoyage des dépôts sous la gencive et lissage de la surface radiculaire, selon les indications).

Ce traitement se fait en une ou plusieurs séances, selon le nombre de zones atteintes et la sensibilité. Des mesures d’hygiène personnalisées (brossage, brossettes, fil) sont indispensables : sans contrôle de plaque, le bénéfice est limité.

À quoi s’attendre : une diminution des saignements et de l’inflammation, une réduction de la profondeur des poches dans de nombreux cas, et une stabilisation. Il est possible d’observer une récession plus visible après la disparition de l’œdème (la gencive dégonfle) : ce n’est pas un “aggravation” en soi, mais la mise en évidence d’une perte déjà existante.

Traitements adjuvants (antiseptiques, antibiotiques : au cas par cas)

Selon la situation clinique, le praticien peut proposer :

  • des bains de bouche antiseptiques sur une durée courte (ex. chlorhexidine),
  • une antibiothérapie dans des indications ciblées (certaines formes agressives, situations particulières), toujours en complément du traitement mécanique.

Ces options ne remplacent pas le nettoyage professionnel et l’hygiène quotidienne ; elles s’inscrivent dans une stratégie globale et individualisée.

Chirurgie parodontale : quand et pourquoi ?

Lorsque certaines poches persistent malgré le traitement initial, une chirurgie peut être discutée afin de :

  • accéder plus efficacement aux dépôts sous la gencive,
  • remodeler certains tissus,
  • traiter des défauts osseux sélectionnés.

Selon les cas, il peut s’agir de chirurgie d’accès (lambeau) ou de techniques régénératrices dans des situations précises. Le choix dépend de l’anatomie du défaut, de l’activité inflammatoire, du contrôle de plaque et des facteurs de risque (tabac, diabète, etc.).

Récession gingivale : recouvrement radiculaire et gestion de la sensibilité

Si le problème principal est une récession (avec ou sans parodontite stabilisée), la prise en charge peut inclure :

  • correction de la technique de brossage et choix d’une brosse souple,
  • dentifrices et vernis pour l’hypersensibilité,
  • parfois, selon l’indication : chirurgie muco-gingivale (greffe de gencive / greffe conjonctive, techniques de recouvrement).

Limites importantes : toutes les récessions ne se prêtent pas à un recouvrement, et le résultat dépend de facteurs anatomiques et comportementaux (hygiène, tabac, contraintes mécaniques).

Maintenance parodontale : l’étape qui conditionne la stabilité

Après le traitement initial, la parodontite nécessite en général une maintenance (parfois appelée « entretien parodontal ») :

  • contrôles réguliers,
  • réévaluation du sondage,
  • détartrage ciblé,
  • renforcement des gestes d’hygiène et ajustements.

La fréquence est individualisée (souvent tous les 3 à 6 mois au début, puis adaptée), car le risque de récidive dépend du profil de chaque personne.

Précautions, limites et quand consulter (transparence)

Le déchaussement des dents justifie une consultation si vous observez une évolution, même sans douleur.

Quand consulter sans attendre ?

  • Mobilité d’une dent (surtout si nouvelle ou qui augmente)
  • Abcès, gonflement, douleur localisée, écoulement
  • Saignements fréquents malgré un brossage doux
  • Espaces qui se créent entre les dents, migration dentaire
  • Sensibilité marquée au froid associée à une gencive qui recule

Limites des traitements

  • Une fois l’os perdu, il n’est pas toujours possible de le reconstituer ; l’objectif principal est souvent la stabilisation.
  • Un traitement parodontal ne “remplace” pas l’hygiène quotidienne : sans contrôle de plaque, la maladie peut reprendre.
  • Les résultats peuvent être moins favorables en cas de tabac actif, diabète non équilibré, bruxisme non pris en charge, ou absence de maintenance.

Précautions et contre-indications (selon actes)

  • Certains actes chirurgicaux nécessitent des précautions si vous prenez des anticoagulants/antiagrégants, en cas de pathologies générales, ou de grossesse (adaptation des soins, choix des médicaments, timing).
  • Les bains de bouche antiseptiques ne doivent pas être prolongés sans avis (risques de coloration, déséquilibre de flore, irritation).
  • Les antibiotiques ne sont pas systématiques et doivent être justifiés (risque de résistance, effets indésirables).

En pratique, un plan de traitement sérieux intègre toujours vos antécédents, vos traitements en cours et vos contraintes.

Prévention : conseils pratiques pour limiter le déchaussement

La prévention vise à réduire la plaque, limiter l’inflammation et maîtriser les facteurs mécaniques.

  • Brossage 2 fois par jour pendant 2 minutes, avec une brosse souple (manuelle ou électrique), sans appuyer.
  • Nettoyage interdentaire quotidien : brossettes (souvent plus efficaces que le fil si les espaces le permettent), ou fil selon la morphologie.
  • Dentifrice fluoré ; éviter les dentifrices très abrasifs au long cours si vous avez des récessions.
  • Arrêt du tabac : c’est un levier majeur pour la santé gingivale.
  • Si bruxisme : discuter d’une prise en charge (gouttière nocturne selon indication) et d’une évaluation de l’occlusion.
  • Consultations régulières : la parodontite peut être peu symptomatique, d’où l’intérêt d’un dépistage.

Si vous souhaitez renforcer vos bases d’hygiène, un article complémentaire utile : Bien se brosser les dents : méthode, fréquence, erreurs à éviter.

Questions fréquentes sur le déchaussement des dents

Dent qui se déchausse : que faire à la maison en attendant ?

Si vous constatez qu’une dent qui se déchausse semble plus mobile ou que la gencive recule rapidement, l’objectif est d’éviter d’aggraver l’inflammation :

  • brossez doucement (brosse souple), sans “frotter fort”,
  • nettoyez entre les dents avec une brossette adaptée si possible,
  • évitez de “tester” la mobilité avec les doigts,
  • évitez les bains de bouche antiseptiques prolongés sans avis.

Et surtout : prenez rendez-vous pour un examen parodontal. La question « que faire ? » dépend beaucoup de la cause (parodontite active, récession traumatique, lésion endodontique, fissure…).

Le déchaussement est-il réversible ?

On peut souvent stopper ou ralentir l’évolution en traitant l’inflammation et en mettant en place une maintenance régulière. En revanche, la récupération complète de l’os perdu n’est pas systématique. Certaines techniques chirurgicales peuvent, dans des indications sélectionnées, améliorer des défauts spécifiques, mais elles ne s’appliquent pas à toutes les situations.

Est-ce que ça fait forcément mal ?

Non. La parodontite peut évoluer longtemps avec peu de douleur. La douleur apparaît plutôt en cas d’abcès, d’infection aiguë, ou de sensibilités liées aux récessions.

Quels remboursements pour les soins parodontaux ?

En France, les modalités de remboursement dépendent de l’acte (nomenclature, prise en charge Assurance Maladie et complémentaire). Certains actes parodontaux ont une prise en charge limitée et la part restante varie selon la mutuelle.

À titre indicatif en Île-de-France, un assainissement parodontal de type surfaçage peut représenter plusieurs séances, et les honoraires varient selon l’étendue des zones traitées et la complexité clinique. Un devis est habituellement proposé lorsque plusieurs séances sont nécessaires.

Pour une lecture plus détaillée sur ce point : Curetage sous-gingival : méthodes, tarifs et prise en charge.

Peut-on poser un implant si les dents se déchaussent ?

Un projet implantaire nécessite une stabilisation parodontale préalable et une évaluation du risque (hygiène, tabac, contrôle de plaque, stabilité des gencives). Une parodontite active non contrôlée augmente le risque de complications autour des implants. La décision se prend au cas par cas, après bilan clinique et radiographique.

Le déchaussement des dents n’est pas une fatalité, mais c’est un signal à prendre au sérieux : il reflète souvent une inflammation chronique qui peut progresser sans douleur marquée. Plus le diagnostic est précoce, plus la prise en charge est simple et orientée vers la stabilisation.

Le traitement repose le plus souvent sur l’assainissement parodontal (détartrage, surfaçage selon indication), l’apprentissage d’une hygiène adaptée et une maintenance régulière. Dans certaines situations, des techniques chirurgicales ou muco-gingivales peuvent être discutées, avec leurs indications et leurs limites.

Opal Dental Studio (Paris 9ème) propose des consultations d’évaluation parodontale et un accompagnement en parodontologie (bilan, assainissement, maintenance). Si vous observez une dent qui se déchausse et que vous vous demandez que faire, une consultation permet de poser un diagnostic précis et d’établir un plan de prise en charge adapté.

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