Portada » Bilan dentaire complet : ce que je cherche quand rien ne fait mal

Bilan dentaire complet : ce que je cherche quand rien ne fait mal

Salle de soin du cabinet Opal Dental Studio
Image de Rédigé par le docteur Jean-Baptiste Varea
Rédigé par le docteur Jean-Baptiste Varea

Expert en dentisterie esthétique et réhabilitation complexe, le Dr Jean-Baptiste Varea cultive l’excellence entre expertise genevoise et prestige parisien. Fondateur d'Opal Dental Studio, il fusionne haute technologie et art pour sublimer chaque sourire avec une précision micro-invasive. Une vision 360° dédiée à la santé durable et à l'esthétique sur mesure.

Un bilan dentaire complet ne cherche pas ce qui fait mal : il mesure ce qui évolue sans bruit. Ce que j'examine, ce que je ne fais pas par principe, et ce que votre bouche dit de votre santé générale.

Un bilan dentaire complet examine vos dents, vos gencives, vos muqueuses, l’usure de l’émail et la façon dont vos mâchoires se rencontrent, avec l’imagerie qui se justifie. Il ne cherche pas ce qui fait mal : il cherche ce qui évolue sans bruit, et ce que votre bouche dit de votre santé générale.

Car les maladies de la bouche commencent presque toutes en silence. Une carie entre deux dents, une gencive qui perd son attache à l’os, un émail qui s’use la nuit : aucune ne prévient. Quand la douleur arrive, l’option la plus légère est le plus souvent déjà passée. C’est pour cette raison que je tiens au bilan, et que je ne le confonds pas avec un contrôle.

Un contrôle regarde, un bilan mesure

Le contrôle annuel répond à une question simple : y a-t-il quelque chose à soigner aujourd’hui ? On regarde, on détecte ce qui se voit, on détartre, et c’est utile, mais cela ne dit rien de la trajectoire.

Le bilan pose une autre question : dans quel état est cette bouche, et dans quelle direction va-t-elle ? Pour y répondre, il faut des mesures plutôt que des impressions, car un saignement noté « léger » dans un dossier ne se compare à rien. Une profondeur mesurée en millimètres, dent par dent, se compare l’année suivante.

C’est toute la différence : un bilan bien fait devient une référence datée, à laquelle on revient. La seule façon de savoir si une bouche vieillit bien, c’est de l’avoir mesurée au moins deux fois.

Ce que j’examine, et dans quel ordre

L’entretien vient d’abord. Avant d’ouvrir la bouche, je veux connaître ce qui se passe autour : traitements en cours, diabète, grossesse ou projet de grossesse, reflux, tabac, sommeil. Ce ne sont pas des formalités, car de nombreux médicaments diminuent la salive, qui est la première protection des dents. Un reflux attaque l’émail de l’intérieur, sur des faces que le brossage n’explique pas.

Les gencives, ensuite, avec une sonde graduée. On la glisse doucement entre la gencive et la dent, en plusieurs points autour de chacune. Elle donne deux informations : la profondeur de l’espace, et la présence ou non d’un saignement, sachant qu’une gencive saine ne saigne pas au sondage. C’est le relevé le plus instructif du bilan, parce que la parodontite progresse longtemps sans douleur. Au cabinet, la parodontie a son praticien dédié, le Dr Jordan Pléchot.

Les dents et les anciennes restaurations. Une carie débutante entre deux dents est invisible à l’œil nu. Le cabinet dispose d’une DiagnoCam, qui éclaire la dent par transillumination infrarouge et révèle ces lésions sans rayons X. Je regarde aussi chaque ancien soin : un joint qui s’ouvre, une infiltration sous un composite, une fêlure au bord d’un amalgame. Une restauration ne dure pas toujours, et mieux vaut la reprendre avant qu’elle ne cède. Ce sont les situations que traite la dentisterie restauratrice.

L’usure. C’est l’un des sujets sur lesquels j’ai orienté ma pratique, avec l’érosion, et on confond trop facilement les deux. L’usure mécanique vient du serrement ou du grincement : des facettes plates, brillantes, qui se répondent d’une arcade à l’autre. L’érosion est chimique : des acides alimentaires ou gastriques dissolvent l’émail en cupules. Les causes diffèrent, la réponse aussi : une gouttière ne protège pas l’émail d’un reflux.

L’occlusion et la mâchoire. Comment vos dents se rencontrent, comment elles glissent l’une sur l’autre, ce que disent les muscles et les articulations. Quand un bruxisme est en cause, le Modjaw enregistre les mouvements réels de la mâchoire. On cherche alors ce qui abîme les dents, et pas seulement ce qui est déjà abîmé.

Les muqueuses. La langue, les joues, le palais, le plancher de la bouche. Une tache, une plaie qui ne cicatrise pas ou une zone indurée doivent être vues : c’est un examen court, et il ne se saute jamais.

Les radiographies ne sont pas systématiques

Je ne prescris pas une série de clichés par principe. Le code de la santé publique pose un principe de justification : une exposition aux rayonnements ionisants n’est acceptable que si le bénéfice attendu l’emporte sur le risque (article L1333-2). Ce n’est pas une contrainte administrative, c’est une bonne règle clinique, et je l’applique à chaque bilan.

Chaque cliché répond donc à une question précise. Les clichés rétro-coronaires cherchent les caries entre les dents. Un rétro-alvéolaire regarde une racine ou l’os qui l’entoure. La radiographie panoramique donne une vue d’ensemble des arcades. Le cone beam, l’imagerie en trois dimensions, reste réservé aux indications qui l’exigent, comme une lésion à localiser ou un implant à planifier.

Si vous disposez de radiographies récentes réalisées ailleurs, apportez-les : une image encore exploitable n’a aucune raison d’être refaite.

Ce que votre bouche dit du reste du corps

C’est le sujet sur lequel on lit le plus d’approximations, alors je m’en tiens ici à ce qui est établi.

L’ampleur, d’abord. L’Organisation mondiale de la santé estime que la maladie des gencives dans sa forme sévère, cause majeure de perte totale des dents, touche environ un milliard de personnes dans le monde (Global oral health status report, 2022).

Le diabète, ensuite, où le lien est le mieux documenté. Le consensus de la Fédération européenne de parodontologie et de la Fédération internationale du diabète décrit une relation dans les deux sens. Un diabète mal équilibré aggrave la parodontite, et la parodontite est associée à un risque accru de diabète de type 2 (Sanz et al., Journal of Clinical Periodontology, 2018). Le même texte reconnaît à l’équipe dentaire un rôle dans le repérage d’un prédiabète ou d’un diabète non diagnostiqué. Chez les personnes diabétiques, traiter la parodontite fait baisser l’hémoglobine glyquée d’environ 0,4 point à trois ou quatre mois, avec un niveau de preuve jugé modéré (revue Cochrane, Simpson et al., 2022).

Le cœur, enfin, où il faut être précis. Le consensus de la Fédération européenne de parodontologie et de la Fédération mondiale du cœur relève des associations épidémiologiques fortes et indépendantes entre parodontite sévère et maladies cardiovasculaires (Sanz et al., Journal of Clinical Periodontology, 2020). Une association n’est pas une preuve de cause, et je ne vous dirai donc pas que soigner vos gencives protège votre cœur. Je vous dirai qu’une inflammation chronique de la bouche n’est jamais un sujet purement local, et qu’elle mérite d’être traitée pour elle-même.

Mon rôle n’est pas de diagnostiquer un diabète ou une maladie cardiaque. Il est de remarquer ce qui mérite un avis médical, et de vous le dire clairement. Deux articles du journal prolongent ce sujet : l’un sur le lien entre gencives et inflammation chronique, l’autre sur la santé orale comme pilier de la longévité.

Ce que vous emportez

Un bilan se termine par une synthèse, pas par une liste de soins, et elle tient en trois catégories : ce qui est sain, ce qui est à surveiller, ce qui doit être traité. Puis elle hiérarchise : ce qui ne peut pas attendre, ce qui se programme, ce qui se réévalue au prochain rendez-vous.

Elle fixe aussi le rythme de suivi, et ce rythme n’est pas le même pour tout le monde, quoi qu’en dise l’habitude du rappel semestriel. Les recommandations britanniques du NICE situent l’intervalle entre deux examens, chez l’adulte, entre trois et vingt-quatre mois selon le risque individuel (NICE, Dental checks: intervals between oral health reviews, CG19). Une revue Cochrane conclut par ailleurs que les données ne suffisent pas à imposer un rappel fixe tous les six mois à tout le monde (Fee et al., 2020). Une bouche stable et bien entretenue n’a pas besoin d’être vue aussi souvent qu’une bouche qui saigne, qui serre ou qui s’use.

Si des soins sont nécessaires, le plan de traitement écrit et le devis détaillé vous sont remis à l’issue de la consultation, avant tout engagement. Je ne donne pas d’estimation à distance : elle ne reposerait sur aucune mesure, et ce serait précisément le contraire d’un bilan.

Ce qu’un bilan n’est pas

Ce n’est pas un devis déguisé. Une lésion débutante de l’émail peut se surveiller et se reminéraliser, alors que la même lésion, laissée sans suivi, finira par demander un soin définitif. Entre les deux, je préfère la mesurer de nouveau plutôt que la fraiser trop tôt. Un bilan qui conclut qu’il n’y a rien à traiter est un bon bilan.

Ce n’est pas un détartrage. Les deux peuvent avoir lieu le même jour, mais l’un diagnostique et l’autre entretient. Et quand le sondage révèle des poches, un simple détartrage ne suffit plus : c’est un traitement parodontal qu’il faut envisager.

Ce n’est pas un bilan médical. Il repère des signaux, il ne remplace ni votre médecin traitant ni vos analyses biologiques : il s’y ajoute.

Quand le faire en priorité

Le bilan s’adresse à tout adulte, mais certaines situations le rendent plus pressant. Vous n’avez pas consulté depuis plusieurs années, et vous ne savez plus vraiment où vous en êtes. Vous portez plusieurs couronnes, composites ou bridges, dont certains ont plus de dix ans. Vous vivez avec un diabète, vous préparez une grossesse, ou vous suivez un traitement au long cours. Vous serrez les dents, la nuit ou à l’effort.

Et vous avez un projet esthétique. Avant des facettes, un blanchiment ou des aligneurs, les gencives doivent être stables et les caries traitées. Un projet posé sur une bouche inflammatoire ne vieillit pas bien, quelle que soit la qualité de la céramique.

Les questions qu’on pose avant de venir

« Combien de temps dure un bilan dentaire complet ? »
Plus longtemps qu’un contrôle, parce qu’on mesure au lieu de regarder, et la durée dépend surtout de l’imagerie nécessaire. Le temps à prévoir vous est indiqué à la prise de rendez-vous.

« Le sondage des gencives fait-il mal ? »
C’est une pression légère, bien tolérée sur une gencive saine, alors qu’une gencive très inflammatoire peut être sensible. Dans ce cas, on adapte : on avance par secteur, et une anesthésie locale reste possible.

« À quelle fréquence le refaire ? »
Cela dépend de votre profil de risque et non d’un calendrier unique, et c’est justement l’une des conclusions du bilan.

« Le bilan suffit-il si je n’ai aucun symptôme ? »
C’est précisément le moment où il est le plus utile, parce que les situations détectées tôt sont celles qui se traitent le plus simplement.

Le bilan se prend comme un premier rendez-vous, au 36 rue Tronchet, Paris 9ᵉ, entre la Madeleine et Haussmann. On commence par vous écouter, puis on examine et on mesure, et l’imagerie n’est réalisée que si elle répond à une question. Vous repartez avec un état des lieux daté de votre bouche : ce qui est sain, ce qui est à surveiller, ce qui est à traiter, et dans quel ordre. Si des soins sont nécessaires, le plan de traitement et le devis détaillé vous sont remis avant toute décision. Le bilan s’inscrit dans l’odontologie générale du cabinet.

Prendre rendez-vous →

Sources citées

  • Organisation mondiale de la santé, Global oral health status report: towards universal health coverage for oral health by 2030, novembre 2022.
  • Sanz M. et al., « Scientific evidence on the links between periodontal diseases and diabetes: Consensus report and guidelines of the joint workshop on periodontal diseases and diabetes by the International Diabetes Federation and the European Federation of Periodontology », Journal of Clinical Periodontology, 2018, 45(2):138-149.
  • Simpson T.C. et al., « Treatment of periodontitis for glycaemic control in people with diabetes mellitus », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2022, CD004714.pub4.
  • Sanz M. et al., « Periodontitis and cardiovascular diseases: Consensus report », Journal of Clinical Periodontology, 2020, 47(3):268-288.
  • NICE, Dental checks: intervals between oral health reviews, Clinical guideline CG19, 2004.
  • Fee P.A. et al., « Recall intervals for oral health in primary care patients », Cochrane Database of Systematic Reviews, 2020, CD004346.
  • Code de la santé publique, article L1333-2 (principes de justification et d’optimisation en radioprotection).

Sommaire

Résumé de la confidentialité

Ce site web utilise des cookies afin de vous offrir la meilleure expérience utilisateur possible. Ces informations sont stockées dans votre navigateur et remplissent des fonctions telles que vous reconnaître lorsque vous revenez sur notre site web ou aider notre équipe à comprendre quelles parties du site vous trouvez les plus intéressantes et utiles.